Amélioration de l’adhésion thérapeutique : des résultats mesurés
L’un des apports essentiels des entretiens pharmaceutiques réside dans le soutien à l’observance, particulièrement pour des pathologies où le défaut d’adhésion expose les patients à de graves complications. Selon un bilan de l’Assurance Maladie (rapport 2021), plus de 75 000 patients sous anticoagulants bénéficient chaque année du dispositif, avec un taux de renouvellement supérieur à 70 % chez les patients suivis. Les travaux évaluant ce type de démarche retrouvent une diminution de 20 à 30 % des réhospitalisations évitables liées à de mauvaises pratiques médicamenteuses (Source : Usagers du système de santé – Observatoire 2022).
Au niveau local, les retours d’expérience montrent que les territoires ayant généralisé ces pratiques dans le cadre contractuel des Communautés Professionnelles Territoriales de Santé (CPTS) obtiennent des résultats similaires à l’échelle nationale, avec une stabilisation voire un recul des incidents médicamenteux évitables chez les plus fragiles.
Meilleure détection des signaux faibles : ruptures et inobservances
Le pharmacien étant un professionnel de proximité, l’entretien offre un point d’appui pour repérer précocement les difficultés que le patient n’ose ou ne peut pas évoquer lors des consultations médicales classique. Sont fréquemment identifiés :
- Des oublis répétés de prise (précoce chez le sujet âgé ou isolé).
- Des effets indésirables passés sous silence (fatigue, malaise, troubles digestifs).
- Des difficultés à organiser la prise du traitement dans le quotidien ou lors de contextes de précarité.
Dans de nombreux cas, ces signaux faibles, identifiés lors de l’entretien, déclenchent une coordination vers le médecin traitant, les infirmiers ou les travailleurs sociaux. L’entretien devient ainsi une interface, évitant des ruptures du parcours et favorisant une prise en charge globale : un rapport national souligne que 40 % des patients en entretien bénéficient d’un relai d’information vers un autre professionnel de santé (Source : CNAM, 2022).
Des exemples locaux d’appropriation et de coordination renforcée
Plusieurs territoires se sont distingués par des dynamiques innovantes d’intégration des entretiens pharmaceutiques au sein de dispositifs de coordination locale :
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En Loire-Atlantique, les CPTS de l’agglomération nantaise intègrent les pharmacies dans les réunions de concertation pluriprofessionnelles, permettant une remontée collective des difficultés rencontrées lors des entretiens pharmaceutiques et l’identification de solutions sur-mesure.
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Dans la Haute-Garonne, sur le territoire toulousain, le réseau Onco-Occitanie a développé une filière dédiée au suivi ambulatoire des chimiothérapies orales avec un maillage de pharmacies référentes : plus de 85 % des patients suivis ont bénéficié d’au moins deux entretiens en lien avec leur oncologue ou médecin traitant (Source : Onco-Occitanie, rapport 2023).
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En Bourgogne Franche-Comté, le projet e-BPM vise à digitaliser le suivi des bilans partagés de médication, fluidifiant la circulation d’information entre pharmacien, médecin, et équipe de soins à domicile, réduisant d’au moins 15 % selon les premiers résultats les sources d’erreurs médicamenteuses dans les maisons de santé.